Les Godefroy de Tonnancour : une lignée fondatrice et influente
Le manoir a longtemps été associé à une famille emblématique de l’histoire trifluvienne et régionale : les Godefroy de Tonnancour. Leur présence ici remonte au milieu du XVIIᵉ siècle, à une époque où Trois-Rivières se construit encore lentement, entre poste de traite, concessions naissantes et premières maisons de bois.
En 1650, une concession est accordée à Jean Sauvaget et à Étienne Seigneuret sur l’emplacement où sera plus tard érigé le manoir de Tonnancour. C’est Marguerite Seigneuret, fille d’Étienne, qui en hérite. C’est elle qui, en épousant un membre de la famille Godefroy, rendra possible l’implantation du manoir sur cette terre.
La famille Godefroy occupe une place singulière dans l’histoire de la colonie. Jean Godefroy de Lintot, né en Normandie, arrive en Nouvelle-France en 1626 avec ses parents, son frère Thomas et un cousin. Interprètes au service de Champlain, les frères Godefroy figurent parmi les premiers artisans de la colonie. Lorsque Québec est prise par les frères Kirke en 1629, ils trouvent refuge dans les bois et vivent un temps aux côtés des Premières Nations.
Jean s’établit définitivement à Trois-Rivières après 1633, où il reçoit ses premières concessions et épouse Marie Leneuf en 1636. La famille Leneuf, influente, contribue significativement au développement de la colonie : Jacques deviendra gouverneur de Trois-Rivières et Michel, lieutenant général, fonction qu’occupera plus tard l’un des descendants Godefroy. Le couple aura onze enfants, dont Louis Godefroy de Normanville, né à Trois-Rivières en 1639.
Louis épouse Marguerite Seigneuret en 1663. Grâce à cette union, la famille Godefroy devient propriétaire du terrain. Une grande maison, une étable et un vaste jardin y prennent forme. C’est leur fils, René Godefroy de Tonnancour, né en 1669, qui incarne pleinement l’ascension sociale de la lignée. Orphelin de père à 10 ans, élevé par sa mère et son beau-père Jean Boudar, il s’illustre rapidement dans l’administration coloniale : procureur du roi, puis, à seulement 24 ans, lieutenant général civil et criminel de la juridiction de Trois-Rivières. En 1718, la famille obtient la confirmation de son anoblissement. Faisant partie d’une certaine élite sociale, René Godefroy de Tonnancour ne fait pas exception : il a possédé des esclaves.
Entre 1723 et 1725, René fait construire un manoir à l’emplacement actuel. Ce n’est pas, au sens strict, un manoir seigneurial : il se trouve en dehors du fief familial. Mais il devient néanmoins une demeure prestigieuse et le centre administratif de la famille.
Comme les fils aînés du couple sont prêtes ou décédés, ils ne sont pas éligibles à la succession. Ce sera le neuvième, Louis-Joseph Godefroy de Tonnancour, qui héritera de la seigneurie et des autres possessions familiales. Garde-magasin du roi dès 19 ans, puis maître des lieux à 26, il administre le manoir avec l’importance liée à son titre de seigneur de Pointe-du-Lac. La maison est alors divisée entre espaces familiaux et magasins du roi, véritables entrepôts où sont rassemblées marchandises, peaux de castor et produits destinés à la traite des fourrures. On y accède par une porte donnant sur l’actuelle rue des Ursulines. À cette époque, le manoir était une maison en pierres de deux étages, coiffée d'un toit à deux versants droits.
Louis-Joseph y élève une famille nombreuse, 16 enfants naîtront au manoir, et y maintient un train de vie reflétant son rang. En 1784, un incendie dévaste l’étage supérieur et les combles. Lors du décès de Louis-Joseph, les propriétés sont partagées entre les divers hérités. Les ruines du manoir, pour leurs parts, resteront abandonnées pendant 11 ans avant d’être vendues, marquant la fin d’une époque pour cette demeure qui avait vu grandir 3 générations de Godefroy.
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Vignette : Esclavage et domesticité dans le Canada français
Du XVIIᵉ au XIXᵉ siècle, l’esclavage a bel et bien existé dans le Canada français, de Détroit à l’Acadie. On y recense 3 604 personnes mises en esclavage, dont une majorité d’Autochtones (2 509) et 1 095 personnes d’ascendance africaine. Trois-Rivières en compte 104, 93 Autochtones et 11 personnes noires, soit 2,9 % du total connu. La plupart vivaient en milieu urbain, où la possession d’un esclave constituait un signe de prestige réservé à l’élite.
Parmi ces notables, René Godefroy de Tonnancour, procureur du Roi, possédait au moins trois esclaves : Jean-Baptiste (vers 1710), Louis-Joseph (1733) et Marie-Isabelle (1734). Son fils Louis-Joseph n’en aurait toutefois pas détenu.
Le manoir reposait aussi sur une domesticité nombreuse : Jean-Baptiste Blaye (1742), Baptiste Badeau, 12 ans (1752), Charles Clerc (1754) ou encore Joseph L’Heureux (1770). Leur travail, indispensable au fonctionnement de la maison, s’accompagnait souvent d’une grande vulnérabilité.
Ainsi, René Godefroy de Tonnancour et son beau-père Jean Boudor furent accusés de torture envers une jeune domestique, Madeleine Leblanc, 17 ans, et un soldat nommé Picard. Bien qu’acquittés, ils furent au cœur d’un scandale qui révèle les abus possibles dans ces rapports de dépendance. Madeleine fut libérée de son contrat et probablement indemnisée, ce qui lui permit de constituer une dot. Comme le rappelle l’historienne Stéphanie Pettigrew
« l’influence des familles impliquées a probablement réussi à protéger les auteurs de ces crimes »
Généalogie complète
Le temps de Louis‑Joseph
Les familles Godefroy et de Tonnancour descendent de Jean (et non Jean-Baptiste) Godefroy, sieur de Lintôt (ou Linctôt), et de Marie Leneuf, mariés en décembre 1636 et parents de 11 enfants dont neuf fils et deux filles. De Tonnancour est un surnom accolé au patronyme Godefroy à la troisième génération.
Deux autres ancêtres Godefroy, Thomas (v 1610-1652) et Jean-Paul (v 1602-1668), émigrèrent en Nouvelle-France au XVIIe siècle, mais n'ont laissé aucun descendant au-delà de la deuxième génération (ils ne figurent pas dans ce site). Deux autres pionniers, Jacques (1641-...) et François (1717-1764) Godefroy, n'ont pas encore été étudiés.
Origine:
Jean Godefroy est originaire de la Trinité-du-Mont, près de Lillebonne, dans l'arrondissement du Havre, en Normandie (actuel département de la Seine-Maritime). Fils de Pierre Godefroy et de Perrette Cavelier, il est né en 1607 ou 1608.
Marie Leneuf est originaire de Caen, en Normandie (actuel département de Calvados). Fille de Mathieu Leneuf et Jeanne Marchand, elle est née entre 1611 et 1616.
Traversée:
Jean Godefroy est arrivé en Nouvelle-France avec son frère Thomas vers 1626, à l'âge d'environ 19 ans. Il est possible qu'il soit arrivé avec Champlain à Québec le 15 juillet 1626.
Une dizaine d'années plus tard, Marie Leneuf émigra en Nouvelle-France avec sa mère, qui était veuve, ses deux frères Michel et Jacques, et ses deux nièces Anne et Marie, 4 ans chacune. Marie avait entre 19 et 25 ans. Elle débarqua à Québec le 11 juin 1636.
Établissement:
Jean Godefroy s'établit à Trois-Rivières vers 1634. Dès son arrivée en Nouvelle-France vers 1626, Godefroy fut interprète auprès des Amérindiens pour la traite des fourrures. De 1629 à 1632, alors que la Nouvelle-France est passée aux mains des Anglais, Godefroy ne retourna pas en France comme la plupart de ses compatriotes, il demeura chez les Hurons-Wendats.
Au retour des Français en Nouvelle-France, en 1632, le chef algonquin Capitanal demanda à Champlain que soit construit un fort à Trois-Rivières pour protéger le commerce des fourrures qui s'y pratiquait depuis une vingtaine d'années. Champlain envoya Laviolette (dont on ignore le vrai nom) et un groupe d'artisans et de soldats qui débarquèrent à Trois-Rivières le 4 juillet 1634. Il est possible que Godefroy ait été du nombre. Quelques mois auparavant, le 3 décembre 1633, la Compagnie des Cent-Associés lui avait concédé à Trois-Rivières un fief de 200 arpents divisé en plusieurs parcelles. La première mention de la présence de Godefroy à Trois-Rivières date du 21 octobre 1637 au baptême de son fils Michel.
De son côté, Marie Leneuf s'établit à Trois-Rivières en 1636, peu de temps après son arrivée en Nouvelle-France puisqu'elle figure déjà dans les registres trifluviens le 12 décembre 1636.
Mariage:
En décembre 1636, âgé d'environ 29 ans, Jean Godefroy épouse Marie Leneuf, de quelques années plus jeune que lui. L'acte de mariage passé à l'église de Trois-Rivières ou de Québec est disparu, mais le contrat de mariage est daté du 15 décembre 1636.
Famille:
Leurs 11 enfants sont nés entre octobre 1637 et avril 1658, régulièrement aux deux ans environ, comme c'était pratique courante à cette époque. Un seul enfant est mort à la naissance, un autre est mort âgé peut-être d'une dizaine d'années. Tous les autres enfants ont atteint l'âge de la majorité (25 ans), sauf Jacques tué par les Iroquois à l'âge d'environ 20 ans.
À la naissance de son premier enfant, Marie Leneuf était âgée entre 21 et 26 ans, tandis qu'à la naissance de son onzième et dernier enfant, elle avait entre 42 et 47 ans. En cela, il n'y a rien d'exceptionnel, elle se compare à toutes les pionnières établies en Nouvelle-France.
Seigneur et sage-femme:
Marie Leneuf est mentionnée comme étant sage-femme. De son côté, Jean Godefroy fut anobli en septembre 1668. À cette date, il avait déjà reçu une seigneurie sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, en face de Trois-Rivières. Concédée le 1er novembre 1637, c'est la seigneurie de Lintôt, connue aussi sous le nom de Godefroy, bornée à l'ouest par la rivière qui porte son nom (rivière Godefroy), et augmentée par l'île Marie, dans la rivière Godefroy, le 16 janvier 1657 (aujourd'hui dans la paroisse Saint-Grégoire de la ville de Bécancour, là où se trouve l'Auberge Godefroy). Malgré ces deux propriétés sur la rive sud de Trois-Rivières, les Godefroy habitaient à l'intérieur du fort de Trois-Rivières, vraisemblablement sur le site même du manoir actuel, terrain qu'ils possèdent depuis 1661. Ils n'habitaient pas sur leur seigneurie du sud parce que d'une manière générale, les seigneuries n'ont guère pu se développer avant 1665, à cause de la menace incessante causée par les Iroquois. On tenta bien un début de défrichement sur l'île Marie en 1663, mais il fut aussitôt abandonné. Les premiers établissements dans les seigneuries avoisinantes de Lintôt datent de la fin du XVIIe siècle. Encore en 1723, il n'y avait que deux terres concédées sur la seigneurie Godefroy et sur l'île Marie, sans aucune maison.
Décès:
Jean Godefroy, sieur de Lintôt, fut inhumé à Trois-Rivières le 26 mars 1678. Il avait environ 70 ans. Marie Leneuf lui survécut encore 10 ans. Décédée le 27 octobre 1688, elle fut inhumée à Trois-Rivières le lendemain, âgée d'environ 76 ans.
Deuxième génération
La deuxième génération de la famille Godefroy, issue de Jean Godefroy de Lintôt et de Marie Leneuf, est composée de neuf garçons et deux filles. Ils ont tous porté le patronyme Godefroy auquel furent accolés les surnoms de Lintôt, de Normanville, de Vieuxpont, de Saint-Paul et de Roquetaillade, suivant en cela la tradition française voulant que l'aîné des fils garde le nom du père et que les puinés adoptent un surnom.
Quatre fils seulement des ancêtres Jean Godefroy de Lintôt et Marie Leneuf ont continué à transmettre le nom Godefroy ou l'un des surnoms. Ce sont:
II-I. Michel Godefroy de Lintôt (1637-1709), l'aîné, marié en 1664 à la parisienne Perrine Picoté de Belestre, fille d'un conseiller du roi. Militaire, propriétaire de la seigneurie Dutort (1668, bornée à l'ouest par la rivière Bécancour). Noblesse maintenue (1685), 12 enfants.
II-2. Louis Godefroy de Normanville (1639-1679), marié en 1663 à Marguerite Seigneuret. Procureur, propriétaire des seigneuries qui deviendront Pointe-du-Lac (1670) et d'un cinquième de la seigneurie de Lintôt. À son mariage, Marguerite Seigneuret n'a que neuf ans. Un seul enfant.
II-6. Joseph Godefroy de Vieuxpont (1645-1696/99), marié en 1675 à Catherine Poulin, fille de Maurice en mémoire de qui on donna le nom à la rivière Saint-Maurice. Marchand et militaire, propriétaire de la seigneurie de Vieuxpont (1667), située en face de l'actuel hippodrome de Trois-Rivières. Grands-parents de l'une des deux vraies Marguerite Volant qui ont inspiré l'auteur de la télésérie diffusée en 1997. 10 enfants.
II-7. Amador Godefroy de Saint-Paul et de Tonnerre (1649-1730), marié en 1675 à Madeleine Jutras puis en 1682 à Françoise Lepelé dite Lahaie. Marchand, propriétaire de la seigneurie de Saint-Paul au Labrador (1706). Sept enfants.
Les filles Godefroy:
Parmi les deux filles Godefroy, l'une est devenue religieuse et l'autre a épousé le normand Pierre Boulanger, sieur de Saint-Pierre. Ce marchand n'est pas l'ancêtre des familles Boulanger. Celles-ci descendent plutôt de Claude Lefebvre dit Boulanger. Les deux filles des ancêtres Jean Godefroy de Lintôt et Marie Leneuf sont:
II-5. Jeanne Godefroy (1644-1713), religieuse Ursuline, dite Mère de Saint-François-Xavier.
II-9. Marie-Renée Godefroy (1652-1736), marié en 1677 à Pierre Boulanger.
Les fils Godefroy sans postérité:
Cinq fils des ancêtres Jean Godefroy de Lintôt et Marie Leneuf sont décédés sans postérité, un à la naissance, un autre lorsqu'il était enfant, deux célibataires âgés dans la vingtaine et un dont la destinée est inconnue après avoir atteint l'âge de la trentaine. Il faut noter que Jacques reçut le surnom de Vieuxpont et qu'à sa mort, ce surnom fut transmis à son frère cadet Joseph. Ces cinq fils sans postérité sont:
II-3. Jacques Godefroy de Vieuxpont (1641-1661), célibataire, tué par les Iroquois en 1661.
II-4. Enfant anonyme masculin, mort à la naissance en 1643.
II-8. Pierre Godefroy (1651-avant 1666), mort enfant.
II-10. Pierre Godefroy de Roquetaillade (1655-1677/88), célibataire, propriétaire de la seigneurie de Roquetaillade (1675).
II-11. Jean-Baptiste Godefroy (1658-?), destinée inconnue après 1687.
Famille de seigneurs:
La famille Godefroy fut propriétaire d'une douzaine de seigneuries dans l'ancien gouvernement de Trois-Rivières: les fiefs et seigneuries Godefroy, Dutort, Roquetaillade et Yamaska, sur la rive sud du fleuve, ainsi que les fiefs et seigneuries Labadie, Vieux-Pont, Normanville et Pointe-du-Lac, sur la rive nord, auxquels s'ajoutent une seigneurie au Labrador et d'autres propriétés à Trois-Rivières.
La seigneurie de Tonnancour, connue aussi sous le nom de Pointe-du-Lac, est composée en réalité de quatre fiefs (Seigneuret, Dupuis, Normanville et Tonnancour) réunis ensemble en 1734, auxquels s'ajoutera une partie du fief Gatineau. Le premier de ces fiefs avait d'abord été concédé en 1656 à Jean Sauvaget et à Étienne Seigneuret, père de Marguerite Seigneuret. En 1670, il appartient à Louis Godefroy de Normanville, fils de Jean. À son décès en 1679, il passe à son fils René Godefroy de Tonnancour. En 1795, la seigneurie de Pointe-du-Lac quitte les mains de la famille de Tonnancour pour passer aux mains de la famille Montour. Elle fut abolie en 1854.
Troisième génération
La troisième génération des familles Godefroy compte 30 descendants Godefroy, soit 13 garçons et 17 filles. Parmi les 13 garçons, seulement 7 se marieront. Vingt ans séparent les naissances, vingt ans, c'est presqu'une génération, de sorte que l'aînée des enfants de René Godefroy et Marguerite Ameau, née en 1694, n'était guère plus vieille que son oncle Jean-Baptiste, né en 1689. Les six garçons Godefroy qui assureront la descendance à la troisième génération sont les suivants:
III-1. René Godefroy de Tonnancour (1669-1738), fils de Louis Godefroy de Normanville (II-2) et Marguerite Seigneuret, marié vers 1693 à Marguerite Ameau. Procureur du roi, propriétaire des seigneuries de Pointe-du-Lac (1679), Labadie (1695), Rocquetaillade (aujourd'hui dans la paroisse Saint-Grégoire de Bécancour) et d'une partie (1/5) de Lintôt. Noblesse confirmée (1718). Dix enfants, mais un seul fils, Louis-Joseph, qui poursuivra la lignée. Il est la souche de tous les de Tonnancour. (Biographie plus bas.)
III-2. René Godefroy de Lintôt (1675-1748), fils de Michel Godefroy de Lintôt (II-1) et Perrine Picoté de Belestre, marié ne 1709 à Marie-Madeleine Lemoine puis en 1728 à Marie-Catherine d'Ailleboust. Militaire. Six enfants dont un fils marié. Ses descendants vivent dans la région de Montréal.
III-3. Jean-Baptiste Godefroy de Saint-Paul (1676-...), fils de Amador Godefroy de Saint-Paul (II-7) et Madeleine Jutras, marié en 1726 à Madeleine Lemaître, sœur de Marguerite. Marchand. Au moins trois enfants.
III-4. Louis Godefroy de Normanville (1678-1756), fils de Joseph Godefroy de Vieuxpont (II-6) et Catherien Poulin. Un enfant naturel avec une Amérindienne en 1717. Marié en 1720 à Marguerite Lemaître, sœur de Madeleine. Propriétaire primitif de la seigneurie de Vieuxpont. Au moins six enfants dont un fils marié. Postérité (à vérifier)?
III-5. Jacques Godefroy de Vieuxpont (1684-1724), fils de Joseph Godefroy de Vieuxpont (II-6) et Catherine Poulin, marié en 1719 à Louise-Françoise Véron, sœur de Jeanne. Militaire. Trois enfants avant 1730. Postérité (à vérifier)?
III-6. Jean-Baptiste Godefroy de Vieuxpont (1689-...), fils de Joseph Godefroy de Vieuxpont (II-6) et Catherine Poulin, marié en 1716 à Jeanne Véron, sœur de Louise-Françoise. Huit enfants dont un fils marié. Postérité (à vérifier)?
René Godefroy de Tonnancour (III-1):
Le premier à porter le surnom de Tonnancour est René Godefroy (1669-1738), seigneur de Pointe-du-Lac dès 1679 à la mort de son père et procureur du roi à partir de 1695. En 1721, il fait construire son manoir seigneurial à Pointe-du-Lac (ce n'est pas le rez-de-chaussée de l'actuel presbytère malgré ce que plusieurs croient; c'est plutôt un manoir démoli en 1912 et 1915 et situé sur le site de l'actuelle maison Domrémy) ainsi qu'un moulin banal (actuel site historique ouvert au public). Il fit aussi construire sa résidence à Trois-Rivières entre 1723 et 1725 (actuelle Galerie d'art du Parc) sur le terrain que possède sa famille depuis 1661. Il fut lieutenant général civil et criminel de la juridiction de Trois-Rivières en 1714. Le Dictionnaire des noms et lieux du Québec dit que «cet homme reconnu pour ses qualités personnelles et son humilité fut inhumé, à sa demande, non dans l'église mais mais dans le cimetière de la paroisse». René Godefroy de Tonnancour et Marguerite Ameau ont eu dix enfants mais un seul fils, Louis-Joseph (voir le paragraphe suivant), a perpétué le nom. En Abitibi, un canton fut nommé Tonnancour en la mémoire de René Godefroy de Tonnancour.
Louis-Joseph Godefroy de Tonnancour (1712-1784), leur fils, fut propriétaire des seigneuries de Pointe-du-Lac, Labadie, Yamaska, Roquetaillade et Godefroy (comprenant l'Ile-Marie). Seigneur et marchand, il demeura au pays après la guerre de la Conquête (1759-1763), contrairement à de nombreux autres nobles. Il épousa en 1740 Marie Scamen, puis en 1749 Louise Carrerot. Ils eurent 16 enfants, dont Charles-Antoine Godefroy de Tonnancour, dit le chevalier de Tonnancour. Il existe un portrait de Louis-Joseph, dont l'original est conservé par un descendant de la famille. C'est le plus ancien portrait d'un membre des familles Godefroy et de Tonnancour. Louis-Joseph est le dernier de Tonnancour propriétaire du manoir de Tonnancour de Trois-Rivières (actuelle Galerie d'art du Parc).
Descendants et bibliographie
Les noms Godefroy et Tonnancour sont peu répandus. Malgré trois siècles et demi de présence au Québec, cette ancienne famille ne compte que quelques dizaines de descendants de ces noms. Selon les annuaires téléphoniques du Canada et des États-Unis au 11 août 1997, 16 abonnés au Canada et 146 aux États-Unis portent le patronyme Godefry ou Godfroy, tandis que 33 abonnés au Canada et 29 aux États-Unis portent le patronyme Tonnancour-t ou De Tonnancour-t, pour un total de 224 abonnés.
Les recherches actuelles ne permettent pas d'affirmer que ces abonnés sont tous descendants de Jean Godefroy et Marie Leneuf. Au Canada, sur les 48 abonnés des deux noms, 8 habitent les provinces de Ontario, Nouveau-Brunswick ou Colombie-Britannique. Les 40 autres habitent le Québec, dont 20 dans la région de Montréal, 14 dans la région de Yamaska-Sorel, 2 dans les Laurentides et un dans les régions de Québec, Mauricie, Estrie et Outaouais.
Parmi les descendants de ces deux noms, les dictionnaires des noms propres du Québec et du Canada ont retenu celui du peintre Jacques de Tonnacourt, né à Montréal en 1917, professeur à l'école des Beaux-Arts de Montréal, récipiendaire du prix Louis-Philippe Hébert en 1979, décerné par la société Saint-Jean-Baptiste de Montréal. Le Dictionnaire canadien des noms propres dit de lui qu'«il a longtemps réalisé des tableaux figuratifs avant de faire appel à de nouvelles techniques comme le collage pour aboutir à de pures abstractions.»
Bibliographie:
Dictionnaire biographique du Canada, articles divers, tomes 1 à 4.
Brisette, Emmanuel. Pointe-du-Lac, au pays des Tonnancour, Pointe-du-Lac, chez l'auteur, 1977, 152 pages.
Cournoyer, Jean. «Tonnancour», Le Petit Jean, Dictionnaire des noms propres du Québec, Montréal, Stanké, 1993, p. 886.
Gauthier, Raymonde. Les manoirs du Québec, Montréal, Éditeur officiel du Québec et Fidès, 1976, p. 94.
Jetté, René. Dictionnaire généalogique des familles du Québec, Montréal, Presses de l'Université de Montréal, 1983, pp. 509, 713.
Lefebvre, Jean-Charles. «Manoir de Tonnancour» et «Moulin seigneurial de Tonnancour», Les chemins de la mémoire, Monuments et sites historiques du Québec, Québec, Les Publications du Québec, 1990, tome 1, pp. 27-28 et 40.
Québec, Commission de toponymie. «Godefroy (canton)» et «Tonnancour (canton)», Dictionnaire illustré des noms et lieux du Québec, Québec, Les Publications du Québec, 1996, pp. 243 et 777.
Roy, Pierre-Georges. La famille Godefroy de Tonnancour, Lévis, 1904, 128 pages.
Saintonge, Jacques. «Thomas et Jean Godefroy», Nos ancêtres, biographie d'ancêtres, Sainte-Anne-de-Beaupré, Éditions de la Revue Sainte-Anne, 1986, vol. 6, pp. 67-75.
Tanguay, Cyprien. Dictionnaire généalogique des familles canadiennes, Québec, Imprimeur Eusèbe Sénécal, 1871, tome 4, pp. 312-315. Sous l'orthographe Godfroy.
Thibault, Marie-Thérèse. La maison Deschenaux dit manoir de Tonnancour, Québec, ministère des Affaires culturelles, 1980, 44 pages. Coll. «Les retrouvailles», no. 10.
Veyron, Michel. «Jacques de Tonnancourt», Dictionnaire canadien des noms propres, Sillery, Larousse Canada, 1989, p. 696.
Pour des informations supplémentaires: René Beaudoin, maître généalogiste agréé