08Novembre

NATHALIE VANDERveKEN

Du 8 Novembre au 13 Décembre 2015

Doublure

Doublure

Dessin et assemblage de patrons en papier

En intégrant des techniques propres à la couture dans mon processus de création, mon travail antérieur a cédé le pas à une exploration du patron de couturière, et des potentialités liées à un usage non normé de ce dernier. Constituées de dessins et d’assemblages, les œuvres découlent d’une démarche exploratoire caractérisée par un travail de déconstruction, d’hybridation et de réagencement des patrons et de ses codes, donnant lieu à une reconfiguration de l’organisation et de la structure du vêtement. À l’intérieur des dessins, le système de codification du patron est repris et transformé en un système de signes qui échappe à sa fonction et à sa cohérence d’origine. L’organisation propre au patron, en tant que plan d’assemblage, se voit ainsi progressivement décomposée par la prolifération et la transformation de ses codes, provoquant une expansion désorganisée de ce système. À partir de ces patrons déconstruits, je produis également des découpages, puis des assemblages, cherchant à établir de nouvelles connexions entre ses parties ou à annexer de nouveaux appendices. En m’appropriant ainsi le patron, celui-ci se présente comme un modèle en mouvement et en transformation, se déployant sous de multiples formes. Différents systèmes semblent invités à cohabiter ensemble, créant un nouvel assemblage pouvant à la fois évoquer un plan d’architecture, un réseau routier sinueux, la fluidité d’un organisme ou les mécanismes d’une étrange machine.

Après m’être consacrée à travailler dans le domaine de l’estampe, j’ai entrepris au cours des trois dernières années une série de recherches et d’explorations m’amenant à me distancier d’un savoir-faire et de méthodes soigneusement acquises. Cette liberté nouvelle m’a conduite à convertir l’atelier en espace d’expérimentation et de découverte dans lequel mon corpus s’est construit à partir de nouveaux gestes et de nouveaux matériaux.

En dérogeant à son mode d’emploi usuel, mon usage du patron mène à la matérialisation d’objets intermédiaires dont la fonction et l’identité restent en suspens. Le caractère ouvert et indéterminé de ces formes invite à porter un nouveau regard sur le vêtement et surtout, sur ce dont il est le double. Incarnant une idée du corps, un corps abstrait qui se dérobe à sa structure, les formes vestimentaires singulières qui émergent de ce travail témoignent de la fluidité des frontières, elles évoquent des sujets et des corps en processus, des identités non fixes.

Votre appui nous est essentiel


Faites un don maintenant