Jean-Pierre Gauthier
Nourrir la bête ; Electrofaunie réinventée
Du 29 mars au 17 mai 2026
Biographie de l’artiste
Jean-Pierre Gauthier poursuit une démarche hybride intégrant les arts visuels, sonores et cinétiques. Gagnant du prestigieux prix Sobey Art Award en 2004, il est également récipiendaire du prix Victor Martyn Lynch-Staunton en 2006 ainsi que du prix Louis-Comtois en 2012. Ses installations furent présentées dans divers musées à travers le Canada, en Europe, en Asie et en Amérique. À travers des dispositifs visuels, sonores et cinétiques, Jean-Pierre Gauthier sonde notre relation à la machine et teste la prévisibilité attendue des divers systèmes qu’il construit. Bien que ses installations exposent leur mécanisme dans toute leur matérialité, leur fonctionnement ne se révèle que partiellement. Les opérations qu’elles effectuent sont libérées de tout rôle utilitaire, évoquant avec humour le monde animal et anthropomorphique. Le hasard, le contrôle, le désordre, le chaos, l’accident et l’organicité se côtoient de façon poétique tout en provoquant des situations cocasses et inusitées qui déjouent les attentes.
Crédit de l’image : Hugo Perrier
Démarche artistique
Les installations de l'exposition de Jean-Pierre Gauthier conjuguent un travail minutieux de menuiserie, d'électronique, d'impression 3D et de programmation audio-numérique. Grâce à l'automatisation des dispositifs et à l'interaction des visiteurs, les œuvres acquièrent une certaine autonomie. Sur le plan sonore, elles peuvent générer des formes d'improvisation et de composition imprévisibles. Les œuvres se transforment également dans le temps, parfois sur de très longues périodes, comme avec la sculpture Le supplice de la goutte (1998-2026), où un vieil ordinateur Macintosh classique, reproduit en savon, subit une lente destruction goutte à goutte provoquée par la présence du visiteur. Cette œuvre met en évidence une perte de contrôle sur la finalité et la vitesse de dégradation et de transformation de la matière.
Cette perte de contrôle se retrouve dans l'organisation sonore de Nourrir la bête (2025-2026), un orchestre automatisé qui se déploie au sol sous la forme d'un réseau d'instruments interconnectés. Pilotée par des algorithmes de composition sans durée déterminée, l'installation produit des combinaisons sonores et rythmiques imprévisibles, en constante évolution lorsque le visiteur met l'oeuvre en marche. Les sons générés sont captés, échantillonnés, transformés puis rediffusés par quatre haut-parleurs, dans une spatialisation aléatoire pour chaque source audio, créant un remixage continu de l'ensemble des sources. Pour faire image Nourrir la bête se cannibalise, elle se nourrit de ses propres éléments, les consomme, les transforme et les rejette métamorphosés dans l’espace sonore.
Au grenier, trois installations sonores interactives investissent l'espace. Appelants (2022-2023) Rappelant (2026) et Électrofaunie (2026). Ensemble, elles composent un environnement sonore évoquant une biophonie réinventée, comme si un vieux bricoleur tentait, dans son grenier, de reconstruire un monde sonore depuis disparu.
L’artiste remercie Eric Matson pour la diffusion radio de son installation Nourrir la bête sur son projet de radio Web -- radioblocoral. --- www.radioblocoral.ca