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Vernissage - Imagine les dauphins en grève - Fanny Latreille

  • Galerie d'art du Parc 864 Rue des Ursulines, Trois-Rivières, QC G9A 5C1 Rue des Ursulines Trois-Rivières, QC, G9A 5C1 Canada (carte)

Peu de personnes savent qu’avant 1980, il y avait des dauphins à Montréal. S’il n’y en a plus – et qu’il n’y en aura plus jamais - c’est en raison du décès de Fanny et Judith, deux cétacés de l’Aquarium de Montréal. Elles sont mortes de carences lors de la grève des cols bleus.

L’Aquarium a été bâti pour l’Expo 67 comme pavillon de l’Alcan. Signe de progrès, le Québec se dote d’infrastructure et de bêtes de spectacles pour se positionner dans le monde. Cet ère de bâtisseur permet à la société québécoise de transiter vers les années 1970 où, moins que tranquille, le Front commun intersyndicale de 1972 aspire à des changements politiques aux centres desquels trône la figure du travailleur.

Les artistes emboîtent le pas. Le Front commun des créateurs du Québec, dont le personnage le plus connue est Armand Vaillancourt, revendique que l’artiste — travailleur culturel — soit intégré par la société. Mais la rémunération pour le droit d’auteur seul ne suffit pas à leur donner ce statut.

À la fin d’une décennie d’excitation et de potentiel révolutionnaire, l’entrée dans les années 1980 marque un retour de balancier : un réalisme néolibéral1. Pourtant, un mouvement résiste à l’air du temps : l’U.T.I.L., l’Union des travailleurs de l’imaginaire libre.

Cette exposition fait le récit proposé de cet historique. Elle le transpose en une forme documentaire matérialisée par des fragments d’archives, des reconstitutions, des textes pamphlétaires, des objets sculpturaux et un court métrage. Elle interroge la métamorphose de la figure du travailleur — de l’ouvrier au fonctionnaire, de l’artiste au dauphin — dans un monde où la performativité remplace la valeur collective du travail.

Ce projet est soutenu par le Conseil des arts et des lettres du Québec et le programme ACIC de l’Office national du film du Canada.
Merci aux Ateliers Belleville, Atelier Circulaire et à l’Atelier La Coulée pour les espaces de travail, à Artexte pour l’opportunité de recherche, à Sébastien Goyette-Cournoyer pour le support moral, Vincent Bonin pour sa confiance envers mes intuitions et tous mes ami.e.s et proches qui m’ont écouté parler d’artistes-travailleurs depuis les quatre dernières années.
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