MeGAPhone 2021

Chronique meGAPhone #1 : Présentation des chroniqueuses

Prêt à passer sous presse : méGAPhone est de retour pour sa 4e édition

Photo : Jean-David Tellier

L’encre coule à flots cet été à Trois-Rivières ! La Biennale internationale d’estampe contemporaine de Trois-Rivières revient avec sa 12e édition et elle est assurée de ravir les amateurs des médiums imprimés. Au total, 250 œuvres de 52 artistes du Canada et d’ailleurs égayeront les murs, socles et tables des cinq espaces d’expositions. À nouveau cette année, la Galerie d’art du Parc a le plaisir de faire partie du parcours de la biennale et d’accueillir plus d’une centaine d’œuvres de 22 artistes talentueux, diversifiés et représentants de la recherche actuelle en estampe contemporaine.

Avec autant d’œuvres à admirer, il y a de quoi s’y perdre un peu !


C’est pourquoi méGAPhone revient en force cette année pour sa 4e édition afin de vous faire découvrir plus en profondeur le travail des 8 artistes coup de cœur de ses chroniqueuses tout au long de l’été.

Cette année, Laurence Thériault, tout juste graduée du cégep en art et commençant bientôt son baccalauréat, se joint à la dynamique équipe de médiation à la galerie et par de fait même s’ajoutera aux talents d’Alison St-Germain, étudiante, et d’Andrée Godin, bachelière, comme 3e chroniqueuse de méGAPhone.

Venez en grand nombre vous rincer l’œil devant l’époustouflant parcours officiel de la 12e Biennale internationale d’estampe contemporaine de Trois-Rivières et assurez-vous de suivre la Galerie d’art du Parc sur les réseaux sociaux pour ne pas manquer une seule de nos chroniques méGAPhone !


Au plaisir !

ANDRÉE GODIN, LAURENCE THÉRIAULT ET ALISON ST-GERMAIN




Chronique meGAPhone #2 : Un nouveau regard en noir et blanc

Pour cette première chronique, méGAPhone vous présente son premier artiste coup de coeur : Tomasz Winiarski. Il a reçu la mention honorable durant la Biennale internationale d’estampe contemporaine de Trois-Rivières (BIECTR).

Né en 1982 à Bielsko-Biala, en Pologne, il a étudié à la Faculté des Arts Graphiques de l’Académie des Beaux-Arts de Cracovie. Les œuvres de Tomasz Winiarski, présentement exposées à la Galerie d’art du Parc pour la 12e édition de la Biennale internationale d’estampe contemporaine de Trois-Rivières (BIECTR), sont travaillées avec la pointe sèche et la manière noire.

La manière noire, que l’on appelle aussi mezzotinte, permet d’obtenir une surface veloutée très noire dans la gravure. La plaque est généralement travaillée avec un rouleau de métal dentelé ou un berceau. La surface ainsi traitée retiendra l’encre et produira une zone profonde et noire. Un brunissoir ou un grattoir permettra de « coucher » les particules de métal « hérissées », pour obtenir des tonalités de gris.


Pour revenir à notre artiste coup de cœur, cinq œuvres de Tomasz Winiarski sont exposées à la Galerie d’art du Parc et sont issues de la série Perpetuum mobile, sur laquelle il travaille depuis plus d’une décennie. Sa démarche artistique tourne autour du développement des motifs, de problèmes formels et de solutions élaborées sur plusieurs années, ce qui, selon moi, est un mélange d’abstrait et de figuratif, de blanc pur et de noir d’encre. Pour Tomasz Winiarski, l’art contemporain est une entité, une image qui se défend d’elle-même. Cette façon de penser est présente dans la pratique de celui-ci. Il fait des références à des éléments de la réalité, qui permettent au public de construire leur propre interprétation des œuvres.

Venez voir son travail jusqu’au 12 septembre prochain.


Chronique meGAPhone #3 : Les apparences sont souvent poussiéreuses …

Cette semaine, méGAPhone vous présente le travail conceptuel de l’artiste canadien Alex Linfield. Bien qu’étant relativement nouveau sur la scène artistique canadienne, cet artiste albertain de la relève expose de façon régulière depuis déjà plus de 5 ans dans les différents événements et festivals de sa province natale. En 2019, il présente W Y S I W Y G (un titre acronyme pour What you see is what you get) dans le cadre de sa thèse de maîtrise à l’Université NSCAD. Les œuvres imprimées sur plexiglass présentées à la Galerie d’art du Parc font originellement partie de cette installation traitant des interactions entre le monde matériel et son double digital. À première vue, ces plaques transparentes semblent réellement recouvertes de poussière. Pourtant, il s’agit plutôt d’une impression sérigraphique d’images constituées numériquement et imitant la matérialité d’un objet poussiéreux. Ce principe de trompe l’œil est fondamental à la pratique de l’artiste et est également à la base du concept de l’installation W Y S I W Y G : en plus de la fausse poussière, on y retrouve des madriers en carton à s’y méprendre dont la texture y a été imprimée numériquement, des rochers très réalistes en porcelaine et même une bâche de plastique bien commune étant, en fait, un coulage de plâtre.

En se rapprochant des plaques de plexiglass exposées à la galerie, il est possible d’y voir apparaitre la trame de l’impression sérigraphique et ainsi comprendre sa matérialité mensongère. Les plus observateurs remarqueront peut-être également la présence d’un certain intrus numérique dans l’oeuvre The Only Job That Starts At The Top Is Digging. Ce défaut ou ‘’glitch’’, comme l’appelle l’artiste, sert en quelque sorte d’indice pour le spectateur à découvrir la tromperie qui lui est présentée et affirme aussi le concept que toute traduction n’est pas parfaite et qu’une perte d’informations est inévitable.


Avec cette œuvre, Linfield souhaite remettre en question la façon dont les médias numériques façonnent aujourd’hui notre façon d’appréhender le monde matériel et nos attentes face à celui-ci. La trace de doigt, signe de passage humain sur la matière et d’individualité marquée, est alors révélée comme étant le résultat de manipulations numériques reproductibles et l’empreinte d’une main absente. De quoi redonner un nouveau sens aux mots ‘’empreintes digitales’’!

Venez voir le travail d’Alex Linfield en exposition à la Galerie d’art du Parc jusqu’au 12 septembre !


Andrée Godin


méGAPhone 4 L’appel de la nature

Détail de « Lichen 5 », Bois gravé et assemblage, 2020, Chantal Harvey

Pour sa quatrième chronique, méGAPhone vous présente une artiste québécoise qui ne fait qu’un avec la nature : Chantal Harvey.


Cette artiste-graveuse est originaire de Baie-Johan-Beetz. Elle a étudié en arts plastiques à l’Université du Québec à Montréal et détient aussi un certificat en enseignement de l’Université Laval. Aujourd'hui, elle réside à nouveau sur la Côte-Nord et y développe sa pratique artistique.

Pour Chantal Harvey, la nature, plus précisément les paysages du territoire nordique où elle vit, sont la source de son inspiration et le thème principal de ses œuvres. Elle exprime ses sentiments, ses émotions à travers cet environnement qui inspire le respect. Son travail est instinctif et spontané. La gravure la rapproche de la matière et lui permet de créer avec cela, un langage graphique bien à elle. Lorsqu’elle travaille la couleur, Chantal Harvey se laisse surprendre par celles-ci et interprète donc un paysage qui lui ressemble.

Chantal Harvey expose présentement à la Galerie d’art du Parc pour la 12e biennale internationale d’estampe contemporaine de Trois-Rivières. Ses œuvres du projet Lichen ont pris vie grâce aux longues marches dans la nature qui l’ont inspirée et lui ont fait saisir la beauté et l’inspiration pour ses œuvres. Un lichen est un mélange d’algue et de champignon apparu sur terre il y a 400 millions d’années. Ce végétal résiste aux températures extrêmes et aux milieux hostiles. Discret par sa taille, souvent microscopique, mais flamboyant par ses formes et ses couleurs éclatantes, le lichen intrigue, fascine et inspire Chantal Harvey.

Amoureux de la nature? Venez découvrir cette artiste-graveuse jusqu’au 12 septembre prochain.


Laurence Thériault

méGAPhone 5 Des collages et des hommes


Dans le cadre de sa 5e chronique, méGAPhone vous présente l’artiste Simon Outers ainsi que ses gravures colorées qui attisent la curiosité de nombreux visiteurs de la Galerie d’art du Parc. Artiste bruxellois, Outers expose pour la première fois au Québec dans le cadre de la 12e édition de la Biennale internationale d’estampe contemporaine de Trois-Rivières. Dans sa Belgique natale, il expose depuis déjà plus de 15 ans et il est représenté par la galerie Le salon d’art, à Bruxelles.

La pratique d’Outers se déploie majoritairement dans les médiums de la sérigraphie et de la gravure par pointe sèche, auxquels il se plait à y ajouter peinture, papier peint, vieux dépliant ou carte en les superposant au dessin. Ces ajouts colorés dynamisent ainsi ses compositions, attrapent l’œil et l’accumulation des motifs agit comme métaphore pour la variété et la succession de couches qui constituent l’humain et son invariable complexité. Dans ses gravures, l’artiste a un trait vif et il laisse des zones de sa plaque moins essuyées, donnant presque à ses images imprimées l’apparence d’un croquis au fusain. Couplée à l’ajout des morceaux de papier aux motifs éclatés, cette technique de trait permet aux œuvres d’émaner une expressivité visuelle peu commune dans le domaine de la gravure sur cuivre. Les plus observateurs remarqueront peut-être les plus subtils gaufrages dans l’œuvre Chantier en cours : l’artiste utilise cette technique afin de faire référence à quelque chose qui aurait disparu ou, au contraire, au potentiel d’une présence future.

Le thème principal de Simon Outers est aussi simple que complexe : c’est l’Homme, c’est nous tous. Il grave et imprime des séries de personnages amusants, tragiques, mystérieux ou complètement dévoilés dans leur folie. Ses images dépeignent des scènes de la vie au 21e siècle d’un regard parfois ironique, parfois ludique, comme dans l’œuvre Pan Pan où on y voit des cowboys modernes en plein duel avec une série de vieux diagrammes sur les pays producteurs de sucre en 1929. L’ensemble de son travail se veut donc un portrait de l’humanité à travers les yeux de l’artiste, comme une série d’œuvres miroirs à nous-mêmes.


Venez voir les gravures et collages de l’artiste Simon Outers en exposition à la Galerie d’art du Parc jusqu’au 12 septembre !


Andrée Godin

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